octobre 2017

Les conséquences d’un avortement. Partie 1

Qu’est-ce qu’un avortement ?

Selon le Dictionnaire médical de l’Académie de médecine, un avortement est une : « Interruption de grossesse accidentelle, volontaire, médicale ou thérapeutique avant le terme légal de viabilité, soit 22 semaines d’aménorrhée ».

On distingue :

  1. Les avortements précoces : qui surviennent avant le 3 ème  mois
  2. Les avortements tardifs : qui ont lieu après le 3 ème  mois  
  3. Les avortements spontanés : qui lorsqu’ils sont précoces, sont le plus souvent dus à une anomalie chromosomique de l’embryon.
  4. Les avortements provoqués ou Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) : qui peuvent être médicalement assistés ou non.

NB : Répété plus de deux fois, un avortement doit faire l’objet d’une investigation médicale en vue d’en détecter la cause et mettre en place un éventuel traitement.

L’avortement : une problématique mondiale

Depuis des siècles, la question de l’avortement a toujours été au centre des préoccupations sociales.

D’une part, elle constitue une problématique essentielle à laquelle chacun essaie d’apporter des solutions.

D’autre part, elle est un sujet à polémique où chacun essaie de faire accepter son opinion ainsi que ses attentes : c’est la bataille des « favorables » et « non favorables » à l’avortement volontaire.

Le nombre d’avortements ne cessent d’augmenter au fil des années, faisant de la question un véritable fléau auquel il faut nécessairement palier.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) :

« De 2010 à 2014, on a enregistré dans le monde:

  • une moyenne annuelle de 56 millions d’avortements (sécurisés ou non) ;
  • 35 avortements pour 1000 femmes âgées de 15-44 ans;
  • 25% des grossesses se sont terminées par un avortement provoqué;
  • un taux d’avortements plus élevé dans les régions en développement que dans les régions développées
  • Et on estime à environ 22 millions le nombre des avortements à risque pratiqués dans le monde chaque année, pour la plupart dans les pays en développement. ».

Il est clair que les chiffres sont très élevés, mais ce n’est pas cela qui alerte beaucoup de monde car comme on dit « ce n’est pas faire le problème, mais c’est mal faire le problème ».  A ces chiffres, il faut assimiler le nombre de conséquences désastreuses que l’avortement entraîne. Vous saurez alors pourquoi la situation est alarmante et pourquoi beaucoup de personnes se battent pour arrêter ce phénomène.

Cependant, il existe de nombreuses autres personnes qui se battent pour la légalisation de l’avortement. Dans certains pays, les luttes ont abouties et des lois autorisant l’avortement ont été votées.

Selon l’Union Suisse pour Décriminaliser l’Avortement (USPDA) :

  • « Entre 1950 et 1985, la plupart des pays industrialisés ainsi que quelques pays en voie de développement ont libéralisé leurs lois sur l’avortement.
  • À partir de 1986 jusqu’en 2010, 35 autres pays ont assoupli leur législation en la matière. 15 d’entre eux ont introduit le régime du délai (interruption de grossesse légalisée dans les premiers mois de la grossesse) : cinq pays d’Europe orientale, l’Allemagne, la Belgique, la Grèce, la Suisse, le Portugal, l’Espagne, l’Afrique du Sud, le Cambodge, la Mongolie et le Népal.
  • Le Canada, en 1988, a abrogé toute pénalisation de l’avortement.
  • De plus, les Etats confédérés de Mexico City (Mexique), Australie de l’Ouest, Victoria et ACT (Australie) ont également introduit une solution du délai ou abrogé complètement les dispositions sur l’avortement du code pénal.
  • Seule la Pologne est passée d’une loi très libérale à des dispositions restrictives.
  • Le Chili, le Salvador et le Nicaragua ont encore accentué le caractère très restrictif des lois frappant l’avortement. ».

Ces différentes lois, selon bon nombre de citoyens donnent plus d’ampleur au problème car ils augmentent considérablement le taux d’interruptions volontaires de grossesse. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup se battent pour les faire abroger, mais le pari est loin d’être gagné.

 

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Merci beaucoup de m’avoir lu et à la semaine prochaine.

Pourquoi utiliser la contraception ?

Pourquoi utiliser la contraception ?

Aujourd’hui, même si l’on parle de contraception un peu partout et que chacun dispose d’une notion sur le sujet, il persiste encore quelques zones d’ombres autour de la thématique. Beaucoup ignore ce qu’il en est concrètement : en quoi cela consiste ? Qu’est-ce que ça implique ? Comment la pratiquer ? Pourquoi la pratiquer ?

Cette dernière question constitue pour moi la plus importante parce que c’est d’elle que part tout choix dans la vie : « on ne fait jamais rien pour rien » dit-on. Derrière chacun de nos actes se cache toujours une raison. Celle-ci part toujours dans le sens d’un avantage pour nous car l’Homme est constamment à la recherche du « meilleur » . Le meilleur pour lui, mais aussi pour ses proches. Et lorsqu’une chose regroupe ces deux caractéristiques, elle devient le choix parfait que l’on pose sans hésitation.

Au Niger, Family Planning 2020 estime à : « 16.9% le pourcentage de femmes qui ont obtenu des informations sur la contraception lors d’une visite récente avec un prestataire des services de santé» . Ce qui est relativement très bas.

L’objectif de cet article est de vous parler des avantages/intérêts de la contraception pour vous et votre famille et mais aussi pour la société entière. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, définissons le concept.

Qu’est-ce que la contraception ?

Selon le dictionnaire de médecine Flammarion, 7e édition, la contraception est « l’utilisation de procédés temporaires et réversibles destinés à empêcher la conception » .  Conception dans le sens de concevoir un enfant.

Relation planification familiale et contraception ?

Il est impossible de parler de contraception sans parler de planification familiale car ce sont deux concepts intimement liés. En effet, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : « La planification familiale permet aux populations d’atteindre le nombre souhaité d’enfants et de déterminer quel sera l’espacement des naissances. Elle consiste à utiliser des méthodes contraceptives et à traiter l’infécondité. ».

Donc faire de la planification familiale c’est faire de la contraception.

Quels sont les intérêts/avantages de la contraception ?

L’utilisation de la contraception est un choix qui part nécessairement d’une bonne compréhension du sujet et de son importance.

Elle a pour but de contribuer au bien-être de la personne en elle-même, du couple, de la famille et de la société en général.

La contraception vise à soutenir le développement des communautés ainsi que leur santé.

Les avantages de la contraception sont nombreux :

  1. Épanouissement familial

Avoir un enfant est une joie et une bénédiction pour beaucoup. Mais que dire quand cela devient tristesse et amertume ? Que faire quand cela s’accompagne d’une angoisse permanente ? C’est là qu’intervient la contraception/planification familiale.

Toute mère a le droit de choisir de tomber enceinte au moment qui lui semble le plus propice. Il en va de son bien-être et de celui de son bébé.

Selon l’OMS : « On estime à 214 millions le nombre de femmes dans les pays en développement qui souhaiteraient retarder le moment d’avoir un enfant ou ne plus avoir d’enfants mais qui n’utilisent aucun moyen de contraception. » . En effet, porter un enfant n’est pas chose facile et l’éduquer encore moins. Avec la contraception, vous pourrez mesdames vous reposer physiquement et moralement après chaque grossesse et consacrer pour chaque enfant le temps nécessaire à son éducation de base : celle du plus jeune âge. Et il en est de même pour vous messieurs.

Des parents physiquement et moralement sains, des enfants bien éduqués dans une joie et une communion parfaite : telle est la conception de l’épanouissement familial.

  1. Lutte contre les grossesses non désirées

Grâce à la contraception, on pourra pallier à l’un des fléaux les plus importants de nos sociétés : « les grossesses non désirées ». Ainsi, on parviendra à réduire le nombre d’avortements à risque, le plus souvent clandestins pratiqués par un grand nombre de femmes.

Selon Family Planning 2020, au Niger en 2016 : « 104.000 grossesses non désirées et 33.000 avortements à risque ont été évités grâce à l’utilisation de contraceptifs modernes. ».

Ici, la contraception permettra aussi de réduire le taux d’enfants abandonnés et d’homicide de bébés car beaucoup de mères abandonnent ou tuent leurs bébés parce qu’elles n’ont pas voulu leur donner naissance.

  1. Lutte contre la mortalité maternelle et infantile

Selon l’OMS : « 830 femmes environ meurent chaque jour de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement. ».

La contraception permet aux femmes qui le souhaitent de limiter la taille de leur famille. Les femmes qui ont plus de quatre enfants auraient un risque de mortalité liée à la maternité accru du fait de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Et les nourrissons dont les mères décèdent lors de l’accouchement courent également un risque plus élevé de décès et de santé médiocre.

La contraception prévient les grossesses et les naissances trop rapprochées survenant à un moment inopportun. Lesquelles contribuent à des taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde.

Au Niger, selon Family Planning 2020 : « en 2016, 400 décès de mères ont été évités grâce à l’utilisation de contraceptifs modernes. ».

  1. Renforcement de l’éducation

La contraception permet aux femmes de mieux s’investir dans la vie active de leur communauté : leurs études, leur parcours professionnel…

Elle leur donne une meilleure chance d’étudier plus longtemps, mais également de travailler plus librement.

Elle permet aussi aux parents de mieux investir dans l’éducation de chaque enfant à travers l’espacement des naissances.

  1. Lutte contre le VIH SIDA* et autres MST*

Les méthodes de contraception permettent de réduire les grossesses non désirées chez les femmes vivant avec le VIH SIDA et donc réduire le nombre de bébés infectés.

Les préservatifs masculins et féminins protègent contre toutes les maladies sexuellement transmissibles.

* VIH SIDA = Virus de l’immunodéficience humaine, Syndrome d’immunodéficience acquise.

*MST = Maladies sexuellement transmissibles.

  1. Réduction de la pauvreté

Le choix d’avoir un enfant à un moment propice contribue à lui donner une meilleure éducation, un meilleur accès à la santé, à l’alimentation, à l’habillement et aux loisirs. Et tout ceci en se protégeant de quelconques difficultés financières.

Grâce à la contraception, on pourra également réduire le taux de mendicité qui ne cesse de s’accroître au Niger. En effet, beaucoup d’enfants sont abandonnés par leurs parents. Ils n’ont d’autre choix que de se mettre à mendier. Dans d’autres cas, c’est la famille entière qui est réduite à la mendicité.

 

En conclusion, la contraception à travers plusieurs points d’actions contribue à un meilleur développement social.

La société est en bonne santé, plus épanouie, mieux éduquée et donc plus à même de s’impliquer dans la vie active. Ce qui permettra un meilleur développement économique à travers la réduction de la pauvreté.

 

« La contraception n’est pas une question de soi, mais une question de tous ».

« Il ne s’agit pas que de vous, mais de toute votre communauté et à plus grande échelle du monde tout en entier ».

 

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Où mène une grossesse non désirée ? Partie 3

Comment soutenir les femmes porteuses de grossesses non désirées ?

Tout d’abord, il y a la nécessité de créer des centres de référence vers lesquels ces femmes pourront se tourner sans crainte et être écoutées, soutenues et aidé jusqu’à leurs accouchements à l’issue duquel il faudra leur proposer des solutions et les amener vers le meilleur des choix en ce qui concerne leurs enfants et elles-mêmes. Toutes les conditions devront être réunies pour que chacune puissent s’épanouir qu’elle décide ou non de garder son enfant.

Ensuite, elles auront besoin d’être accompagnées dans leur retour vers la société.

Premièrement, il s’agira de créer un changement de mentalité chez tous les acteurs de la société pour que ces femmes soient acceptées dans leur différence.

Deuxièmement, il faudra les aider à se réintégrer ou s’insérer professionnellement pour qu’elles puissent regagner le respect et la confiance des autres, mais également vis-à-vis d’elles-mêmes car ce que beaucoup ignore c’est que ces femmes sont les premières à s’en vouloir elles- mêmes. Elles regrettent et perdre totalement l’estime d’elles.

La dernière chose et qui n’est pas des moindres est de sensibiliser ces femmes à parler de ce qu’elles ont vécu. C’est ce qu’on appelle communément : « témoignage ».

Un témoignage est captivant, un témoignage est poignant et c’est ce qui fait de lui le meilleur moyen de sensibilisation.

 

En conclusion, le phénomène des « grossesses non désirées » du fait de son importante prévalence et de ses conséquences désastreuses mérite une attention particulière de tous les acteurs de la société en vue de le combattre efficacement. Le programme de suivi et de réinsertion sociale s’il existe doit être renforcé et s’il n’existe pas doit être mis en place.

Vous noterez que dans cet article, je me suis appesantie sur « les grossesses non désirées » chez les femmes non mariées, mais je tiens à préciser que ce fléau existe aussi dans les couples légalement mariés. Nous aurons peut-être l’occasion d’en parler prochainement.

Et je terminerai en disant que : “il est certes meilleur de prévenir plutôt que de guérir, mais lorsque le mal est déjà fait, la solution est de guérir et surtout de bien guérir“.

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Où mène une grossesse non désirée ? Partie 2

Dans l’article précédent, je vous parlais de « grossesses non désirées ». Nous allons maintenant entrer dans le vif du sujet.

Les statistiques

Les « grossesses non désirées sont un phénomène de plus en plus fréquent de nos jours. En effet, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année on dénombre 80 millions de grossesses non désirées, ce qui occasionne 45 millions d’interruptions volontaires de grossesses (IVG) qui ont pour conséquences 70 000 décès dont 97% sont enregistrées dans les pays en développement. Au Niger, le nombre de grossesses non désirées ne cessent d’augmenter. Il s’agissait de 125 000 en 2012, 134 000 en 2014 et 144 000 en 2016. On se rend vite compte que la situation est très grave.

Les progrès

Plusieurs dispositions ont été mise en place pour palier à ce fléau. Il s’agit entre autres de la sensibilisation sur l’utilisation des produits contraceptifs ou encore la recommandation de l’abstinence. Chacune d’entre elles a fait ses preuves et ensemble elles ont permis de réduire considérablement le nombre de grossesses non désirées dans le monde. En exemple, il s’agissait de 95000 grossesses non désirées évitées en 2015 et 104000 en 2016.  Ce sont d’énormes progrès, mais beaucoup reste encore à faire surtout en matière de suivi et de réinsertion sociale des femmes victimes de ce fléau.

Pourquoi le système de suivi et de réinsertion sociale ?

Il devient nécessaire de créer un certain nombre de conditions qui faciliteront le retour de ces femmes dans la société. Cela est important en vue de préserver leur santé physique et psychique. Dans beaucoup de sociétés et je prendrai en exemple celle que je connais le mieux (la société nigérienne) ; ces femmes sont généralement rejetées. C’est une attitude très fortement influencée par notre culture et nos croyances. Chez nous, une femme qui donne naissance à un enfant hors mariage commet un acte très grave, inacceptable par tout le monde, de ses parents les plus proches aux personnes les plus étrangères à sa vie.

Nombreuses sont les femmes nigériennes qui se retrouvent à la rue parce qu’elles sont enceintes d’un homme qui ne les a pas épousé et qui pour la plupart du temps fuit la responsabilité de la grossesse. Nombreuses sont également celles qui ont été battu souvent à mort ou chassées carrément de leur communauté pour la même raison. Pensez-vous que cela est la bonne attitude ? Les laisser à leur propre sort ? Ce n’est vraiment pas la meilleure solution. Elles sont déjà dans une période critique et cela ne fera qu’empirer leur situation.  C’est là qu’intervient le programme de suivi et de réinsertion sociale. Ces femmes doivent être accompagnées tout au long de leurs grossesses et même après.

Quelles méthodes pourraient permettre de mieux accompagner ces femmes ? C’est ce que nous verrons dans le prochain article.

 

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Merci beaucoup de m’avoir lu et à Jeudi pour la suite.

*Article similaire : http://agado.mafamilleplanifiee.org/ou-mene-une-grossesse-non-desiree/