avril 2018

La voix de Aicha Macky contre le mariage précoce

Sociologue de formation, Aicha Macky est réalisatrice de cinéma documentaire depuis 2012

Pourquoi le Cinéma? D’où vient votre passion pour cet art?

Le cinéma parce-que pour moi c’est la meilleure façon de traiter les maux qui minent notre société mais aussi de montrer le beau et le laid qui s’y trouvent dans cette dernière. Du milieu d’où je viens qui est la sociologie, on étudie les faits sociaux, on les analyse… Quand j’ai compris l’importance de l’image qui reste pour moi la langue internationale que tous comprennent, j’ai voulu faire de la sociologie autrement en racontant les gens, en leur donnant l’occasion de s’exprimer dans leurs langues maternelles que je sous titre pour permettre aux autres d’avoir accès à leurs histoires. J’ai embrassé l’art quand j’avais 5 ans et demi. J’étais en classe de CI.

Un instituteur, Feu Issa CHÉRIF cherchait une élève qui devait incarnée la cantatrice d’une chanson dédiée à la région de Zinder. Il faisait le tour des écoles de la ville. Arrivé à mon école, il disait que j’ai une voix sinusoïdale qui raisonne bien. Il a porté son choix sur moi. J’avais chanté avec d’autres élèves devant les administrateurs de la région à l’occasion de la fête scolaire régionale. Depuis ce jour, j’ai pris goût et j’ai continué avec le club du Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN) de Zinder où j’ai évolué en passant par le club du CEG II, lycée Kouran Daga et l’Université Abdou Moumouni où j’ai évolué à la CAC et au club UNESCO avant d’intégrer le forum africain des films documentaires où j’ai pour la première fois suivit une formation en scénario avec le contre champ.

Que pensez-vous de la vie associative? Êtes-vous membre d’une association? Si oui, Parlez-nous de votre association et de son impact dans votre vie ?

La vie associative a façonné ma vie. Depuis mon jeune âge jusqu’à la date d’aujourd’hui, j’ai toujours évolué dans des associations.

Actuellement, je suis membre du bureau (chargée à la communication) YALI.

C’est une association dénommée Young African Leadership Initiative du programme d’État Américain initié par le président Barack OBAMA.

C’est une bourse qui permet à des jeunes qui se sont distingués dans leur domaine de compétence d’aller faire des stages dans des prestigieuses universités aux USA.

De retour, tous les boursiers deviennent automatiquement membres.

Le stage aux USA et la vie dans cette association ont complètement changé ma vie. On a fait des activités avec des jeunes, des démunis, on forme des jeunes et on les oriente aussi vers des réseaux internationaux soit en ligne ou des programmes de coaching personnalisé.

Vous abordez souvent les questions de santé reproductive et de planification familiale dans vos films. Qu’est-ce qui vous motive à en parler? Quel impact cela a-t-il dans la société?

La santé de la reproduction fait partie des sujets tabous et moi les tabous c’est ma ligne éditoriale.

Dans « l’arbre sans fruits », j’ai abordé la question de l’infertilité pour permettre aux femmes présumées infertiles d’avoir un espace pour s’exprimer car libérer la parole, c’est se faire de la thérapie. Pour moi, il n’y a pas de sujet impossible à traiter en cinéma. Il faut juste savoir quelle méthode d’approche utiliser.

Selon vous, la planification familiale contribue-t-elle à l’autonomisation de la femme ?

Je m’intéresse au maintien des filles à l’école qui de facto est une forme de planification familiale. Quand une fille est maintenue à l’école, elle est à même de réussir et d’échapper au mariage précoce qui est à la base de beaucoup de maux.

De part sa maturité elle sera beaucoup plus apte à gérer un foyer et à assumer une grossesse sans difficulté.

Nous sommes dans le mois de Mars, le mois de la femme. Avez-vous un message à l’attention des femmes?

Pour moi la femme se célèbre toute l’année, mais le mois de Mars reste symbolique.

Aux femmes, je tiens à leur dire d’oser. Il faut oser pour faire de nos rêves des réalités tout en restant respectueuses de nos valeurs culturelles positives et de nos valeurs religieuses.

Le message de Aicha vous a inspiré ? Laissez un commentaire pour me donner votre point de vue sur le mariage précoce.  Cela m’intéresse beaucoup. Et pour être informé de mes prochains articles, suivez-moi sur facebook : https://www.facebook.com/hanyarkorey/ , twitter : @MariamAbdou2, instagram : mariam_abdou96.

Merci beaucoup de m’avoir lu et à la semaine prochaine.